Société POGAB : qu’est-ce qui fait courir John Bitar ?

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La justice a mis sous scellés, le 30 avril 2015, l’entreprise POGAB, filiale gabonaise de l’entreprise française de contreplaqué PLYSOROL. Cette bataille juridique oppose le Franco-Libanais Ghassan Bitar et le groupe chinois Wu et Guohuo Zhang qui se déclarent tous deux propriétaires de cette entreprise. En attendant de voir clair, le tribunal de Libreville a ordonné la fermeture de l’usine qui emploie plus de 300 personnes et exploite quelques 600.000 hectares de forêt d’okoumés destinés à la production de contreplaqué. Privés d’activités depuis cette date, les employés sont au bord des larmes.

Pour la petite histoire, le conflit judiciaire éclate en 2009. John Bitar et Guohuo Zhang s’affrontent devant les tribunaux pour la reprise des actifs de  POGAB SA et Leroy Gabon, filiales de PLYSOROL International. En effet, jusqu’en 2008, le groupe PLYSOROL était le leader européen des panneaux de contre-plaqué à base d’okoumé exploité au Gabon, qui détenait le capital des filiales de droit gabonais à savoir, Leroy Gabon SA. Notons que cette dernière assure la partie exploitation forestière tandis que l’usine de placages POGAB assurait une source d’approvisionnement pour ses usines de France.

Suite à des difficultés financières, la direction française de PLYSOROL s’est vue obligée, le 31 mars 2009, de céder une partie de ses actions au groupe Shandong Longshen Import & Export Corporation et Honest Timber Gabon devenant par la suite PLYSOROL Europe SAS. Avec 51% d’actions au 1er avril 2009, le groupe chinois avait pris la direction de l’entreprise en France et au Gabon.

Au moment où la société commence à obtenir des résultats positifs lui permettant d’offrir de l’emploi sur le marché gabonais, John Bitar met un terme à cette embellie. Avec le concours des agents de l’ordre, il procède, les 16 et 17 octobre 2010, à l’expulsion de l’usine des patrons chinois et des travailleurs. Par la faute de John Bitar, plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui sans emploi. Ceux qui ont conservé leurs postes ne sont pas épargnés. Ils totalisent actuellement plusieurs mois d’arriérés de salaire.
Cette affaire soulève beaucoup de question. La Cour de cassation, dans une décision datée du 13 février 2015, a rendu caduque l’ordonnance d’exéquatur brandie par Ghassan Bitar qui ferait de lui le propriétaire de la société. En somme, la Cour de cassation confirme Guohuo Zhang dans le statut de président du conseil d’administration des sociétés Leroy Gabon et POGAB. La Cour de cassation, selon la Constitution, est au Gabon la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire en matière civile, commerciale, sociale et pénale. On se demande pourquoi John Bitar s’obstine-t-il à revenir sur l’affaire ? A qui profite la confusion ?

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