Assélé, Embinga : à la barre

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Congrès de l’Union francophone de cyclisme (UFC) à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Au nom du Gabon, deux personnes se présentent pour défendre les couleurs de la Fédération gabonaise de cyclisme : Moutouboulou et Maurice Embinga. L’un et l’autre se réclament de la présidence fédérale de la FEGACY. Réquisitoire : « La crise est née suite à la non-participation de l’équipe nationale gabonaise à la dernière édition de la Tropique Amissa Bongo (TAB). A ce sujet, des rapports sont parvenus à la Confédération africaine de cyclisme et à l’Union internationale de cyclisme. A l’unanimité, les délégués ont trouvé illégal que la tutelle demande à un président fédéral de démissionner. L’assemblée, mécontente de cette ingérence, estime si la crise perdure, que le Gabon ne prend pas en considération le rôle de la FEGACY lors du déroulement de la TAB, sera sanctionné. M. Moutouboulou, qui s’est présenté dans la salle sous prétexte que son bureau fédéral est reconnu, est refoulé. Seul le président Embinga assisté de Moïse Biboulou, vice-président, ont droit de siège. » La complicité du ministère des Sports étant avérée, la crise au sein de la FEGACY lui est imputable.

Avocat du ministre des Sports : « Il y a crise, certes. Mais, personne ne peut établir la preuve que c’est Nicole Assélé qui en est l’origine. Il faut rétablir le contexte. Nous sommes sur la ligne de départ de la TAB. Les délégations sont prêtes. L’équipe des Panthères du Gabon, en ce moment-là, annonce un forfait. Devant la presse nationale et internationale. Nicole Assélé, garante de la manifestation et, surtout, représentante de son pays, doit prendre ses responsabilités. Qu’auriez-vous fait à sa place ? Applaudir des cyclistes, enfants gâtés, qui bafouent l’honneur d’un pays ? Sous d’autres cieux, n’aurait-on pas pris des mesures plus coercitives que la radiation envers les cyclistes et le bureau de M. Embinga ? »
Avocat d’Embinga : « Statutairement, le ministère ne s’immisce pas dans la gouvernance des fédérations. En prononçant la démission de M. Embinga, le Gabon a outrepassé son rôle dans cette affaire. Désormais, vous encourez une sanction. A vous de prendre des dispositions… »

Sempiternel problème entre les fédérations et la tutelle. Difficile de concilier les objectifs assignés à la seconde et la gestion de la popote chez les secondes. En effet, à bien regarder, une fédération reste enfermée dans les besoins domestiques tandis que, au niveau de l’Etat, on attend des résultats. Exemple symptomatique, le football. Quel bilan ? De 1960 à 2017, le Gabon a organisé deux CAN, dont l’une avec la Guinée-Equatoriale, zéro pointé. Le premier palier auquel il peut prétendre étant la CAN, cela coince Afrique du Sud 96. Azingo rivalise le Liberia et le Zaïre (RDC) et accède en quart de finale. En égalité avec la Tunisie, Azingo est éliminé au tir au but (1-1). Deux ans auparavant (Tunis 94), Azingo parvient à faire de la résistance devant le Bénin, le Niger, le Cameroun avant de tomber devant l’Egypte. A présent, les Panthères rugissent en faisant… suiiiii…
Pour revenir à la crise de la FEGACY, le respect des textes des instances internationales est une réalité. Cependant, que recherche le Gabon ? La gouvernance au sein des fédérations est une dimension indissociable des objectifs fixés. La France est sur le point d’obtenir l’organisation des prochains JO. Cela implique des paramètres, dont celui de la performance des athlètes dans toutes les disciplines. Ne pas le faire, c’est se désavouer en tant qu’Etat et nation.

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