Ballon : l’art de ne pas tourner rond

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C’est la bérézina. Toute affaire cessante, Nicole Assélé s’est empressée de recevoir les Panthères et les membres de leur encadrement, les premiers en courroux et les seconds perplexes. La ministre des Sports connaissait à l’avance que l’exercice serait difficile. Il l’a été puisque nos bons footeux ont fait comme à l’école primaire : les petits, entendez les Panthéreaux de moins de 17 ans, sont hyperfâchés de leur double débâche devant leurs homologues maliens.

La partie était serrée, le seul argument étant le pognon. La ministre Assélé et ses hôtes se sont séparés tard en espérant que la nuit allait raffermir le patriotisme chez les ambassadeurs du ballon rond. Côté ministériel, les têtes couronnées du cabinet et de l’administration ne sont pas blanches comme coton. Pendant des décennies, on n’a eu de cesse de dénoncer une omerta autour d’Azingo, l’ancêtre des Panthères du Gabon. On a tenté de l’évacuer par une opération de rebaptisation oubliant que la gangrène est à sa phase terminale ; que les malades sont le ministère et le fédération. En effet, les deux centres de décision s’illustrent par des pratiques qui conduisent le monde du football  vers une débâcle annoncée. Ce qui devait arriver arriva ! La décision de la FIFA fut radicale, dure et humiliante. La FEGAFOOT dissoute, un comité provisoire reçut mission de restructurer l’organe fédéral. Il s’ensuivit une débandade. Le président, qui se réclamait pourtant membre de la FIFA, dut se résoudre à battre sa coulpe et obtint une porte de sortie par le biais d’une affectation à un poste diplomatique hors du Gabon…

Le bilan de cette époque est un tableau noir. Echec des Panthères et des Panthéreaux du sport-roi. Echec des Panthères cyclistes. Echec des Panthères boxeuses. Echec des Panthères judokas. Echec des Panthères taikondoïstes. Echec des Panthères basketteuses. Echec des Panthères athlètes… La liste est tristement longue. Aussi longue que l’on remonte le temps. La mafia s’est fissurée. A compte-gouttes, les scandales sont jetés sur la place publique. Mais plus graves sont les conséquences sur le terrain. La gangrène est à la hauteur de la trahison. Car il s’agit bel et bien de traîtres à la cause du sport gabonais.

Restons dans le domaine du foot. Les échecs successifs mettent au-devant de la scène de jeunes garçons à peine émancipés de 14, 15, 16, 17, 18 ans, d’une part ; de l’autre, il y a la sélection. Peut-on raisonnablement mélanger les bébés et les aînés ? Si les derniers n’ont ni la conscience ni l’expérience, que dire des Panthères qui tombent lamentablement à répétition sur le champ de bataille ? Comme pour en rajouter, le facteur CFA vient compliquer l’équation. On parle d’argent quand il faut parler d’honneur…

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