Foot et foufou au noir

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Au sortir de la CAN 2017, le foot gabonais se régénéra ou sombrera. Pari fou. Pari pris par les acteurs eux-mêmes. Les Panthères se sont senties humiliées, écorchées et leurs griffes émoussées. Eric Bouanga a pleuré. Aubameyang s’est incliné. Didier Ibrahim Ndong a failli s’étrangler. Didier Ovono s’est effondré ? Bref, les Panthères ont pleuré…

Le naufrage des Panthères n’est pas isolé. Les accompagnent dans le malheur — la douleur — les Eléphants ivoiriens. La couronne africaine ne leur a pas porté bonheur. Venus en terre gabonaise pour consolider leur position de leader, ils emportent avec eux le goût amer des soldats au retour d’une conquête infructueuse.

La CAN est certes avant tout une fête de l’Afrique footballistique. Elle constitue un rendez-vous unique de talents, d’ambitions et de défis pour les nations présentes à Libreville. Pendant un mois, on procède à une radioscopie de footballeurs venus des quatre coins de la planète, du Maghreb au Zimbabwe, du Congo-Kabila à la Guinée Bissau.
La CAN est excellente, un moment extraordinaire de communion et de projection. De projection. Le Cameroun fera son introspection sur le zéro-zéro avec le Gabon qui l’a mené au deuxième tour de la compétition. La Côte d’Ivoire cherchera à comprendre ce qui n’a pas fonctionné sur la pelouse gabonaise. Et le Gabon, ah le Gabon !

Pays béni, le Gabon sortira en vampire. Le bon vampire. Un, qu’est-ce qui se passe à la FEGAFOOT ? Deux, pourquoi l’expérience ne paie-t-elle pas ? Après une coorganisation avec la Guinée Equatoriale, pourquoi la sélection peut-elle sombrer comme c’est le cas ?
Après la CAN, l’après-CAN. « On a tout pour réussir une grande Coupe d’Afrique » (dixit Daniel Cousin). Faute d’avoir réussi, il nous faut dresser un diagnostic. Pourquoi José Camacho a-t-il posé ses valises la veille du démarrage de la CAN ? La FEGAFOOT a-t-elle ou non failli dans la phase de préparation de l’événement ? Autant de questions accompagnent la débâcle de la sélection nationale.

Quelle que soit la démarche, il est impératif d’assainir les milieux footballistiques. Cela commence par le ménage autour de l’organe fédéral. En effet, trop de rumeurs occultent le travail effectué par cette instance depuis au moins trois décennies. Particulièrement une immixtion de personnes aux rôles flous. Le quotidien L’Union a fait une révélation avant le début de la CAN. Un certain Alejandro Echavarria est présenté comme un recruteur dans l’ombre pour le compte de la FEGAFOOT. Si l’intéressé joue effectivement un rôle déterminé, pourquoi serait-il un travailleur au noir ? Au Gabon, la pratique s’est installée. Quoiqu’on dise, le silence est la règle d’or. L’omerta en somme. En l’espèce, la presse fait état d’une information et la partie intéressée ne lève le petit doigt. Ni la fédération, ni le ministère n’ont pris la peine d’infirmer ou corriger. Est-ce normal ?

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