Saga financière ministérielle

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« Le Gabon est une maison de verre, on y voit tout de l’extérieur », dixit Omar Bongo Ondimba. C’est le lieu de parler du budget de fonctionnement du ministère de l’Education nationale depuis l’arrivée à sa tête de Florentin Moussavou. Il revient avec insistance que les comptes y sont au rouge avant la fin de l’exercice budgétaire.

Les moyens seraient gérés telle la popote de manière quelconque avec le concours de quelques collaborateurs au vu et au su de tous par les personnes chargées de la manipulation des chiffres au sein du ministère. Conséquence, de nombreux prestataires de services, partenaires du ministère de l’Education nationale, ont décidé de fermer les vannes, privant le ministère de leurs prestations.

Pour preuve, en cette fin d’année académique, les chefs d’établissements secondaires de la place ont éprouvé toute la peine du monde à procéder à la remise des bulletins de note aux élèves. Le système informatique en réseau avait été bloqué par le prestataire qui en a la charge, faute d’argent pour solder une ardoise de trois mois. Il aura fallu de nombreuses tractations pour colmater les brèches, trouver dare-dare de l’argent pour débloquer la triste situation. Le mauvais état des caisses a failli impacter négativement l’organisation  des examens du brevet d’études secondaires et du baccalauréat. En cause : pas assez d’argent pour le paiement de la prime aux examinateurs et  surveillants. Là encore, il aura fallu aux principaux responsables de ministère de courir dans tous les sens pour trouver les fonds nécessaires à cette exigence.

Question : à quoi a servi le budget de fonctionnement du  pour qu’on en vienne à déplorer un tel assèchement des comptes ? Au ministre de répondre à cette question. Des sources dignes de foi, l’homme aurait pris le malin plaisir de ne pas réagir aux difficultés dont fait face son département qu’après coup. Autrement dit, il aurait d’autres chats à fouetter plutôt que de faire diligence aux épineux dossiers qui s’accumulent sur sa table de travail et qui mettent à mal le fonctionnement optimal du ministère.

En effet, perdu entre les balades de santé intempestifs avec une cohorte de mange-mille dans l’hinterland, mais également dans une action politique dont ont  a le plus sérieusement du monde de la peine à percevoir le réel apport à la Majorité républicaine et sociale pour l’Emergence, faute d’assises politiques. Ce n’est pas tout. Le ministre serait pointé du doigt par les membres de son propre cabinet. Ces derniers se plaignent des parapheurs qui s’éternisent dans son, que ceux-ci comportent des documents qui revêtent un caractère urgent pour leur traitement. S’ajoute à ce chapelet de récriminations, la surfacturation des prestations de services. La pratique est alimentée et entretenue. Le mangement a pris d’autres proportions, au point que le ministère enregistre de nouveaux riches dont l’un, conseiller financier, homme de main du ministre, ne fait pas mystère de sa puissance financière qu’il exhiberait dans une localité sise après les ponts de Kango. Vivement que la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite jette un coup d’œil dans les luxurieux tiroirs de ce côté du gouvernement.  Pour mettre un terme à la saga financière ainsi dénoncée.

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