Un vote sous la menace du “Mouiri”

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Législatives partielles au 1er siège du département de la Lolo-Bouenguidi, à Koulamoutou (Ogooué-Lolo). Est déclaré vainqueur Hermann Dibanganga Ndongo (69,54%). Scanner sur ce qui s’est passé.

 Sur le siège de député de Lolo-Wagna, on a assisté à des actes relevant de la sorcellerie. En effet, lors d’une opération de porte-à-porte entamée le 17 juin au-delà de minuit, c’est-à-dire après les heures réglementaires de campagne, à travers les villages par le sénateur PDG Félicien Moudiondzé, les électeurs se retrouvent dos au mur. Motif : ils ont perçu des espèces sonnantes en vue de voter contre le PDG lors du scrutin du lendemain. Chose qu’on ne dit pas, une mise en garde formelle leur est faite par ceux qui ont distribué les billets de banque. Les plus têtus se sont entendus menacés de poursuites par le “Mouiri” (une entité malfaisante). Naturellement, il s’est installé une psychose suscitée par cette menace de mort à peine voilée. C’est sous la contrainte que le candidat indépendant Hermann Dibanganga Ndongo a arraché les voix desdits électeurs. Le nom de l’élu, un proche de Nzouba Ndama, dit-on, ne figurait pas sur la liste électorale.

A départ, ils étaient quatre candidats en lisse : Hervé-Patrick Nguembe Diyembou (PDG), Yoni Tsango (indépendant), Thomas Mombo (MORENA) et Dibanganga Ndongo. A noter que sur le terrain, durant la période de campagne, seul le candidat du PDG a mené campagne à travers les villages sur les trois axes du siège de député, notamment à Baniati, Wouboue et Divindé. En revanche, l’organisation mise en place par l’ancien président de l’Assemblée nationale visant à faire barrage au candidat du PDG et conduite par le sénateur PDG Félicien Moudiondzé, a consisté à présenter le candidat Dibanganga Ndongo aux populations, en l’absence de l’intéressé. Ce dernier est resté enfermé dans sa bicoque au centre-ville de Koulamoutou, passant le plus clair du temps à se plaindre de n’avoir pas reçu les fonds de campagne.

De fait, à la Lolo-Wagna, les gens ont vécu en direct le combat du PDG contre le PDG activement menée par un sénateur trimballant les mallettes bourrées d’argent. Un activisme qui a entamé l’enthousiasme et banalisé le vote en faveur du candidat du PDG. Pourtant, à travers des meetings, puis des séances publiques, le candidat Nguembe Diyembou s’est vu attribué le pouvoir de la notabilité de la localité. En d’autres termes, le vœu exprimé est de mettre fin à l’hégémonie de Moukombo et son clan. Pour mémoire, la séance organisée à Moukouagno, village du candidat PDG, était un triomphe. Porté en tipoye par les siens, Nguembe Diyembou avait marqué les esprits. Des témoignages recueillis sur place, jamais une cérémonie n’a reçu un écho pareil.

A ce stade de la campagne électorale, aucun doute ne planait sur le triomphe du candidat PDG. Face à une adhésion massive autour de la candidature de Nguembe Diyembou et surtout au message portant sur l’unité des filles et fils de Lolo-Wagna, la fidélité au PDG et au président Ali Bongo Ondimba, Moukombo a juré de tout mettre en œuvre pour empêcher son petit oncle Nguembe Diyembou d’être son successeur à l’Assemblée nationale. D’importants moyens sont mis à contribution. Une somme de cent millions (100.000.000) de francs est mise à contribution. Le sénateur est chargé de la distribution de petites coupures en faisant le porte à porte nuitamment. Objectif : faire échec au PDG. Sans se douter de quoi que se soit, nombreux sont ceux qui, au sein de la population, ont perçu cet argent. Mais à leur grande surprise, leur bienfaiteur de circonstance leur a clairement signifié que voter en faveur du PDG serait lourd de conséquences pour quiconque a perçu l’argent maudit. Malgré les résultats, le candidat du PDG reste le véritable vainqueur des législatives partielle à la Lolo-Bouenguidi.

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