Cafouillis pol’tik : Ping, un mort politique en sursis

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Ayant parfaitement assimilé ses classiques de la politique, appris aux côtés du Maître, Ali Bongo Ondimba sait qu’en toute chose il faut toujours un témoin. Afin d’éviter toute tentative de manipulation à la fois des faits et de l’Histoire de notre pays et du monde. Mieux que quiconque, Ali Bongo Ondimba sait combien, dans ce pays, la nature est changeante. Surtout lorsque les uns et les autres sont démangés, voire rongés par la soif du pouvoir.

 C’est alors que des gens comme Jean Ping peuvent, du haut de leur ingratitude, prendre des libertés avec l’histoire, notre histoire, qu’ils voudraient travestir dans le but d’assouvir de leurs intérêts personnels, donc égoïstes. Dépourvus d’un véritable projet de société pour le Gabon ; un projet qui aurait pu constituer une alternative crédible à « l’Avenir en confiance » plébiscité par le peuple en 2009, ces gens-là font dans le dilatoire en surfant sur une sorte de nationalisme… bridé qui, naturellement, ne peut que surprendre tous ceux qui les ont connus dans une vie antérieure. Pour le cas de Monsieur Ping, il est écœurant d’entendre un ancien diplomate célébrer la xénophobie sur France 24, tout comme il est affligeant de le voir se couvrir de poussière simplement parce qu’il voudrait régler quelques comptes, du reste inconnus, avec l’un des plus proches collaborateurs d’un chef d’Etat en exercice. Ping xénophobe ? Si Omar pouvait assister au voyage dans la folie de son ancien collaborateur !

En effet, le néo-xénophobe Jean Ping affirme qu’il n’a « absolument rien contre les non Gabonais »(sic), mais sert à tout va son plat préféré : « la légion étrangère ». Encore un petit effort, et il nous ferait presqu’oublier qu’il est avant tout un authentique fruit de… la légion étrangère. Il n’y a qu’à bien scruter ses traits physiques, et chacun aura compris qu’il n’a de bantu qu’un pan de son ADN. A moins qu’il nous dise, les yeux dans les yeux, que sa typologie est propre aux peuples bantu d’Etimboué. Bref, l’interview d’Ali Bongo Ondimba a le mérite d’avoir remis les choses chacune à sa place. Et c’est avec des références précises que le chef de l’Etat a fait la démonstration du caractère instable du personnage de Jean Ping : Albert Yangari comptant parmi les « amis » de Ping, il est aisé pour quiconque de s’en rapprocher pour savoir si effectivement le processus de nomination de Ping au cabinet présidentiel était conforme aux révélations du chef de l’Etat ? Albert Tévoedjeré était-il bel et bien au Palais, introduit par Ping, pour forcer la main à Omar Bongo Ondimba dans la perspective du poste de président de la commission de l’Union africaine ? Le colonel Bachir Salleh, directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, avait-il effectivement sollicité l’éviction de Ping de l’UA, et a-t-il confié qu’à plusieurs reprises, Mouammar Kadhafi aurait voulu appliquer quelques gifles sur les joues roses de Ping qui, selon des indiscrétions, indisposait par ses sollicitations abusives des pétrodollars libyens ? Alors en poste à Addis-Abeba, Jean Ping excellait-il dans le travail buissonnier, au point de n’être presque pas joignable pour les autorités du pays qui l’y avait pistonné ? Et puis, quid de la « réserve » observée par Ping sur les questions liées au pétrole quand on lui rappelle, un 17 août, sa longue collaboration avec un ancien directeur général des hydrocarbures ?

A toutes ces questions, Jean Ping n’a daigné apporter une réponse construite, argumentée et convaincante. A la place, il nous a servi des élucubrations et affiché une très forte inclinaison à ne s’intéresser qu’aux questions d’argent : il gagnait bien sa vie à l’Unesco, il était bien payé à l’UA pour bien faire son job. Puis, il s’est mis à triturer la vérité, notamment sur les marchés qu’il a perdus. Lisez l’artiste (Echos du Nord, 19/8) : « Mon cabinet travaille un peu partout en Afrique et dans le monde en général. Sauf au Gabon, pour éviter précisément le genre de critiques sans fondement, fallacieuses, comme celles qui sont faites par monsieur Ali Bongo, au sujet des prétendues ruptures de contrat. » Là, quand Ping se met à mentir, malgré son visage de citron, on voit son nez qui s’allonge comme celui de Pinocchio ! En effet, qui c’est ce gars qui, un certain 1er février 2014 dans une salle de l’immeuble Wenzhou, a sangloté devant les « souverainistes » en révélant que le pouvoir en place, et plus précisément Maixent Accrombessi, faisait des pieds et des mains pour que son cabinet ne travaille pas avec le Gabon ? Ces sanglots, est-il besoin de le rappeler, avaient été repris en boucle sur TV+ qui, on le sait, en a gardé des traces. Venir sept mois après, affirmer exactement le contraire est au mieux, un manque de sérieux pour l’auteur, au pire, un manque de considération pour les Gabonais de la part du même auteur.

A deux ans de la présidentielle qui fait tant fantasmer, les salafistes peuvent être sûrs d’une chose : leur champion autoproclamé sera ramassé à la petite cuiller.

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